Flavioparenti

Flavioparenti.

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JOURNAL d’ARTISTE

Voir l'invisible

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La première fois que je suis allé à Lucca Comics, c'était pour le film de Genovese "Superheroes".
Je ne le savais pas.

Je devais tourner une scène au Lucca Comics, une gigantesque foire aux bandes dessinées, aux mangas et maintenant aux jeux vidéo : les endroits où l'on voit les otaku, Naruto, Ero Sennin, Dragon Ball.

Bref, c'est là que j'ai tourné la scène.

Pendant que les vrais dessinateurs signaient devant moi, j'étais derrière eux, et j'ai eu la chance de voir ce qu'ils font en attendant de signer un autre exemplaire : ils dessinent. Ils ont leur bloc-notes et ils dessinent.

Ce qui est étonnant, c'est que l'auteur devant moi a ouvert son carnet et s'est arrêté sur une page.
C'était une anatomie.
Je ne sais plus quelle partie du corps, mais ce n'était pas du style bande dessinée. Mais classique.

Mon œil non exercé a été stupéfait par les détails du dessin. Une précision folle avec le crayon. Je pouvais sentir la texture fine des muscles, des veines. Mais il a dessiné dessus.

Ma première réaction a été de penser : "Mais non, qu'est-ce que tu fais ! Tu es fou ! Tu risques de tout gâcher. C'est l'erreur classique : on continue alors qu'on devrait s'arrêter !"

Et puis... je tournais le film. Alors, de temps en temps, je devais voir si, au milieu du chaos total de Lucca Comics, quelqu'un avait besoin de moi.

Je ne vous l'ai pas dit, mais le plateau - qui est déjà un désordre en soi - si vous le mettez au milieu d'une foire nationale pleine d'autres créatifs, des feux d'artifice en sortent.

Je regarde donc autour de moi, je suis encore libre, et je retourne voir l'auteur pour constater le gâchis qu'il a fait.
Il était encore en train de dessiner sur le croquis de tout à l'heure.
Il le couvrait de son épaule, je ne voyais pas bien.

Puis il s'est reculé un instant et, en s'appuyant sur la chaise, il m'a permis de bien voir son dessin.

C'était encore mieux qu'avant. Encore plus de détails, encore plus de vérité.

Et il a continué.
Il a continué.

L'art, la technique, est une loupe sur la réalité. Celui qui s'en sert, qui la pratique, qui voit des cheveux dans des œufs, qui casse des pierres par la pensée, a un super pouvoir.

Celui d'aller de l'avant.

Il arrive un moment, je pense pour tout le monde, où l'on choisit une voie. Différente de celle que tout le monde a imaginée pour nous. Différent même de ce que nous avons toujours pensé.

À ce moment-là, la boussole est peut-être la réponse à cette question : "Ce choix me permet-il de mieux dessiner la réalité ?"

Comme ce dessinateur qui s'est amélioré d'AVC en AVC, en ayant la capacité de revenir une fois, dix fois, mille fois sur un AVC,
un mot,
une expression,
un ton,
une note.

Jusqu'à ce que toute notre vie ne soit qu'une
une note,
un ton,
une expression,
un mot,
un trait.
Un signe.

À la prochaine page,

Flavio.

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