Flavioparenti

Flavioparenti.

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JOURNAL d’ARTISTE

Ephémère comme les papillons

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J'ai vu une vidéo de Nadal, qui a l'honneur, après avoir gagné pas moins de 14 Roland Garros, d'avoir une dalle gravée sur l'un des courts officiels du tournoi. Cela m'a fait prendre conscience de quelque chose d'à la fois terrible et léger, tragique et éphémère. Nadal, joueur de tennis sans précédent, je me souviens de lui avec ses longs cheveux et son bras tendu. La longue jambe, la manchette jaune. Un gladiateur du court, contre Federer, Djokovic, contre tout le monde. Maintenant, devant la vue de son empreinte gravée dans le marbre, salie par la terre battue, rouge comme le désert au coucher du soleil, devant un public aussi ému que lui, il éclate en sanglots. A côté de lui, des accolades. Un moment qui m'a ému aussi, mais qui a fait naître un sentiment ambigu dans mon cœur. Nous sommes un battement d'ailes, et nous devenons au mieux une dalle. Souvent, l'artiste est confronté à sa propre mortalité. En réalité, l'art est un petit rêve d'immortalité, un désir de franchir le seuil du temps avec un héritage qui, tôt ou tard, deviendra lui aussi, comme l'a si bien dit Rutger Hauer dans Blade Runner : "des larmes sous la pluie". Si ce n'est pas maintenant, ce sera dans cent ans. Si ce n'est pas cent ans, ce sera mille ans, ou des milliards. Qu'importe le temps face à notre finitude et à l'immensité de la création ? Peut-être qu'un jour je m'attaquerai à une "saga" qui sera aussi cela. Une progression dans le temps, laissant les protagonistes d'une page devenir un lointain souvenir quelques chapitres plus loin, et enfin, une statue, une effigie, une phrase, une pensée dont plus personne ne peut relier l'auteur, mais qui est toujours présente, qui imprègne la conscience. La beauté de la vie est dans le présent, dans la découverte de l'inconnu qui nous entourera toujours, aussi bien dans le temps que dans l'espace. L'art est le symbole de notre finitude : tels des papillons improvisés, nous volons d'idée en idée, vers un rocher stable, que nous jetons dans les vagues du temps, en espérant que quelqu'un, de l'autre côté du seuil, reprendra le flambeau. Oui, un jour, je m'attaquerai hardiment à ce thème. Avec une saga où l'être humain sera une fourmi, protagoniste de pages dans l'océan du temps. Je n'en ai pas encore les moyens, c'est probablement quelque chose qui me demandera toute mon énergie, toute ma sagesse et toute ma force. Car, soyons honnêtes, s'attaquer à la " légèreté existentielle " demande un courage de lion, une sagesse de Platon et une technique sublime. Pour l'instant, je m'efforce de structurer le troisième tome du Labyrinthe de l'espoir et de mettre de l'ordre dans le deuxième tome. Quelle pagaille ! Un château complexe, plein de pièges et d'illusions, un labyrinthe de miroirs où je vois des fragments de moi, de ceux que je rencontre. D'ailleurs, je réalise de plus en plus que j'aime écouter les autres. Parce qu'ils sont une source constante d'inspiration pour mes personnages, mes histoires. Dès que j'entends quelque chose d'intéressant, je m'en imprègne et l'injecte dans mon parcours. Et je m'aperçois que plus je tend les oreilles et ouvre les yeux, plus le monde m'offre des perles à mettre sur mes colliers

À la prochaine page,

Flavio.

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